Nos coordonnés
Solidarité & Fraternité
pour les enfants d'Haîti
39 bis, rue de Laubinière
B.P. 17
53800 RENAZE
Tel: 02.43.06.40.84
Fax: 02.43.06.85.19
Assemblée Générale – 11 juin 2011
Cinéma Vox – Renazé (53)

RAPPORT MORAL et D'ACTIVITÉ Année 2010

Journal d'information de l'association
'TI  MOUN'
Parution Trimestriel
Extraits du Journal

Bulletin d'adhésion à imprimer
Gustave Vielle :

Bienvenue à tous, enfants, parents, amis !
pour notre rendez-vous incontournable, notre fête annuelle.

Nous voilà donc de nouveau ensemble pour, nous l’espérons vivement, un week-end joyeux, chaleureux, riche d’échanges, d’amitié, d’émotions, de découvertes peut-être, d’espoir aussi, un week-end de vraie vie, un week-end de bonheur !

Je salue la présence de Monsieur GAUTIER, Maire de Renazé, qui nous fait l’honneur et le plaisir d’être avec nous.

Bien sûr, nous avons très fortement en pensée, Haïti, le pays natal de nos enfants arrivés en France par l’intermédiaire de l’association, notre pays de cœur, en pensée les haïtiens qui vivent encore, pour l’immense majorité d’entre eux, dans des conditions très difficiles quotidiennement et pour lesquels demain demeure incertain et source d’angoisse, en pensée les enfants d’Haïti vers lesquels sont dirigées nos actions.

Peut-être beaucoup d’entre nous s’en souviennent-ils ? En décembre 1981,30 ans déjà, Monsieur Jacques LUZU créait l’Association Solidarité-et-Fraternité. Oui notre Association a 30 ans cette année. Il est sain, je crois, de ne pas oublier ce passé très riche de joies et de difficultés, de solidarité, de fraternité, de réussites et de déchirures parfois, de bonheurs et d’interrogations, de ne pas oublier Monsieur Jacques LUZU, son épouse, ses enfants, toutes les personnes bénévoles qui ont participé avec courage, constance et fidélité…

… Parce qu’il ne faut pas oublier, par fidélité même si, inévitablement, l’Association a évolué et évoluera encore, voici en quelques mots, l’historique de Solidarité-et-Fraternité pour Les Enfants d’Haïti :

- Monsieur Jacques LUZU a déjà lancé, dès 1980, une opération d’aide aux sinistrés du tremblement de terre en Italie.

- Il est allé en Haïti en 1981, un soutien à l’Ecole de Bouzy est alors engagé.

- En 1981 encore : 3 camions de vivres, de médicaments, de vêtements et couvertures sont convoyés en Pologne.

- 1982 : lancement du premier appel aux donateurs, en décembre, intitulé « 50 000 bougies ».

- Puis l’association permet l’adoption d’enfants haïtiens par des familles françaises dès 1985 et est habilitée OAA (Organisme Agréé pour l’Adoption) en 1986.

- Une grande maison est louée à Pétionville, rue Rigaud : c’est la crèche La Maison du Bonheur. L’Association est également en lien avec Sœur Claire, responsable d’une institution d’enfants au Cap-Haïtien.

- Des aides importantes sont apportées en Haïti à Labadie, au Cap-Haïtien, à Bouzy, à Pilate, à Port-au-Prince, en direction d’écoles, de dispensaires et même pour l’élevage de poules et la culture du riz.

- En 1992 : Monsieur Jacques LUZU, pour l’association, acquiert un terrain à Tabarre, en banlieue est de Port-au-Prince, c’est un ancien centre équestre, presque 13000 m² de surface, avec 3 bâtiments : les écuries (aujourd’hui les classes maternelles), une petite maison, et un ensemble de 4 petites pièces dont les murs sont en parpaings locaux et le toit en taules (que nous restaurerons en partie pour héberger des familles haïtiennes, puis que le séisme détruira définitivement)… Des plans pour une crèche sont élaborés et des fondations construites.

- 1993 : décès de Monsieur Jacques LUZU. Une immense perte humaine, une immense perte pour l’Association. 379 enfants sont alors venus en France et ont été adoptés.

- Puis l’Association affronte quelques années difficiles. Messieurs Michel HERON puis Serge DELIEN la président. Pourtant la crèche quitte Pétionville et s’installe à Tabarre, puis en 1997 et 1998, la nouvelle crèche y est construite… Aucun enfant n’arrive en France en 1994 et 1995. Par contre 18 enfants rejoignent leurs familles françaises en 1996, 1997 et 1998.

- Début 1999 : L’Association est en grande difficulté et sa dissolution est envisagée. Une nouvelle équipe est pourtant constituée, inconsciente sans doute mais ne voulant pas que Solidarité-et-Fraternité disparaisse. Je propose d’en assurer la présidence, c’était je crois, en avril 1999.

- Septembre 1999 : partenariat avec l’Association Nantaise AYITI EDUCATION, installation d’un Centre de Formation d’instituteurs à Tabarre, ouverture d’une première classe maternelle pour les enfants de la crèche.

- De septembre 2000 à 2007 : ouverture des classes suivantes pour les enfants du quartier de Tabarre, l’Ecole Solidarité-Fraternité comptant aujourd’hui 8 classes, 2 maternelles et 6 fondamentales ou primaires.

- Notre site de Tabarre devient alors la Fondation Solidarité-et-Fraternité qui regroupe la crèche, l’école, une permanence médicale hebdomadaire…

- 2001/2002/2003 : projet puis construction d’un bâtiment pour l’école fondamentale, de 6 classes.

- 2007 : L’Ecole est reconnue officiellement par le Ministère haïtien de l’Education Nationale.

- Dans le domaine de l’Adoption, la crèche a été ouverte à Tabarre sous la direction d’Alain LOUIS (mari d’Hermione, médecin pédiatre, assurant aujourd’hui la permanence médicale). Puis la crèche a été dirigée par Françoise DELIEN, Marie-Catherine BAYLE, Lionel GAUNET et de nouveau par Marie-Catherine BAYLE… Madame JEAN-BAPTISTEN haïtienne, est responsable des procédures d’adoption des enfants de notre crèche L’Auberge de La fraternité. Depuis 1999, 198 enfants ont rejoint leurs foyers en France.

- Au total donc 595 enfants sont venus en France, à ce jour, par l’intermédiaire de l’Association. 595 enfants heureux ? Oui très majoritairement mais nous ne pouvons qu’être très sensibles aux situations de certains enfants adoptés en souffrance, à celles de leurs famille car il en existe. Nous nous interrogeons beaucoup, conseillons dans tous ces cas de ne pas restés isolés, de consulter. Nous sommes surpris quand des adolescents ou de jeunes adultes nous contactent, déclarent ne pas connaître leur histoire et souhaitent en avoir des informations, alors que les dossiers confiés aux parents comportent l’histoire sociale… Nous nous efforçons, avec beaucoup de difficultés, de répondre aux demandes de nouvelles et de recherche des familles de naissance…

- Dans le domaine de l’Adoption encore, nous intervenons pour les enfants de notre crèche L’Auberge de La Fraternité, mais nous avons aussi passé des conventions avec les crèches haïtiennes Les Brebis de Saint-Michel de L’Attalaye, La Maison des Anges, Les Petits Anges de Chantal. Il est probable aussi que nous collaborerons avec la crèche Enfant-Jésus ! En outre, vous savez très probablement que l’adoption est suspendue depuis le séisme de janvier 2010, la perspective de reprise évoquant la fin de cette année 2011…

- Enfin, pour terminer cette présentation du parcours de l’Association, nous avons signé dernièrement un partenariat avec la Fondation MERIEUX, dont le siège est à Lyon, pour une aide au financement de la construction de petites maisons de bois, dans le cadre d’une formation d’ouvriers haïtiens. Depuis la mi-avril, en soutien au travail de Marie-Catherine BAYLE, un jeune homme, Guillaume VERDIER, est en poste à la Fondation, en CDD de 6 mois, son salaire pris en charge par la Fondation Mérieux. Guillaume sort de l’Ecole Bioforce de Lyon, Ecole formant des volontaires pour l’aide humanitaire.

Voilà donc rapidement évoquée, l’histoire de Solidarité-et-Fraternité. J’ai sans doute fait quelques oublis mais vous aurez bien sûr tout loisir de combler ces lacunes, dans quelques instants, si vous le souhaitez.

Notre Association a 30 ans. C’est un bel anniversaire et nous sommes très très heureux de le souhaiter avec vous. Puisse Solidarité-et-Fraternité être encore longtemps utile aux enfants d’Haïti, aux familles là-bas et ici !

Avant l’exposé des rapports moraux, d’activités et financier, un rappel du programme de ce week-end :

Aujourd’hui samedi 11 (et non pas 12 juin comme l’indiquait par erreur notre invitation), après les rapports, vous aurez à élire ou réélire 5 administrateurs :

- 4 sortants : Emmanuel BLANCHET, Anny LERET, Patrice BOSSARD et Patrick PITZ. Ils se représentent tous.

- Patrice BEDOUET, membre du C.A. est démissionnaire. Le motif ? Madame Jacqueline JEGOU que vous connaissez bien, qui était salariée de l’Association, est en retraite depuis le 1er avril… Elle continue d’être très active mais bénévolement. Demain, nous lui rendrons un hommage profondément sincère car vous le savez, Madame JEGOUX est une personne discrète mais précieuse, vraiment… Il nous faut pourtant lui trouver un remplaçant ou une remplaçante et Patricia BEDOUET s’est proposée. Elle entrera en fonction le 1er septembre prochain.

- Selon les statuts de l’Association, le Conseil d’Administration peut compter jusqu’à 12 membres. Et une personne a déposé sa candidature, il s’agit de Madame Monique FOURNIER qui participe aux travaux du C.A sans voix délibérative depuis un an.

Après l’Assemblée générale, une projection vous offrira un regard sur la Fondation Solidarité-et-Fraternité de Tabarre, le séisme, les travaux de réparation… Vous pourrez évidemment intervenir, poser des questions.

Et ce soir, à Congrier , dîner, vente d’artisanat, le DALLETHON, Abonnements à TIMOUN notre bulletin, le coin documentation… et une projection…

Demain, dimanche 12 juin :

A partir de 10h, les « groupes de paroles >

- Groupe 1 : thème « De l’agrément à l’apparentement, l’attente », à la Maison Pré, rue de Laubinière, au 1er rond-point en remontant de l’Association, à gauche.

- Groupe 2 : Thème « Enfants arrivés en France en procédure accélérée », à la Maison Pré également

- Groupe 3 : Thème « Quelles actions de soutien aux objectifs humanitaires de l’Association », au siège de Solidarité-et-Fraternité, 39 bis rue de Laubinière.

A 12h : nous nous retrouverons tous à Congrier, à la salle polyvalente le Chéran, pour la photo des enfants.

Et ce sera le punch offert par l’Association, le déjeuner en commun, l’hommage à Madame Jacqueline JEGOU, la vente d’artisanat, le DALLETHON, Le tirage de la tombola…



Mais maintenant, place à l’Assemblée Générale et tout d’abord à notre rapport Moral et d’Activités. Patrice Bossard notre secrétaire et moi-même, président de l’Association, procéderons en duo, pour éviter les répétitions, être donc plus efficaces dans notre exposé de ce que fut Solidarité-et-Fraternité en 2010.

2010, vous le savez, fut une année terrible pour Haïti, donc pour l’Association également, mais, grâce à une équipe responsable soudée, solidaire, grâce à vous, Solidarité a tenu bon, a continué d’assumer ses engagements.

Patrice Bossard :

31 enfants sont arrivés en France, au cours d'une année faite de tristesse de compassion, mais aussi de joie, d'union des forces et de solidarité.

En janvier 2010, un séisme de magnitude élevée dévaste une partie importante de Port-au-Prince et ses environs et plonge le pays dans un chaos humain et matériel encore plus douloureux et désemparant qu'auparavant.

Face au pouvoir de la nature de détruire les communautés humaines et leurs biens, il y a la réaction des femmes et des hommes pour continuer à se battre contre la fatalité et les injustices de la nature.

D'abord Marie-Catherine, Directrice de la Fondation Solidarité-et-Fraternité de Tabarre 48 (Haïti), qui dans un sang froid extraordinaire a agi d'emblée dès les 1ères secousses pour la sécurité des enfants et a obtenu rapidement l'aide de la MINUSTAH (casques bleus) pour abriter enfants et salariés sous des tentes militaires.

Daniel Guillet, vice-président de l’Association, a pu se rendre en Haïti en mars, pour conforter tout le personnel de la crèche dans son attitude louable post-séisme, préparer la mission de reconstruction. Il relatera ensuite avec émotion l'énorme catastrophe et ses conséquences pour l'avenir.

Après un état des lieux de nos équipements, l'association a décidé de remettre en état le mur d'enceinte côté rue et d'envoyer une équipe de compagnons (dont 2 administrateurs), qui ont réussi l'exploit, dans des conditions difficiles, physiquement et moralement à tenir leur pari, leur mission s’étant déroulée en juin et juillet.

De son côté Marie-Catherine avait elle-même organisé d'autres travaux conduits par des militaires français (remise en état de la petite maison du fond du parc, constructions d'une cantine extérieure).

Dès le début l'association a décidé de soutenir le personnel de la crèche, de façon financière et matérielle (don de tentes…).

De même, l'association a aidé la crèche BRESMA (Les Brebis de Saint-Michel de L’Attalaye) avec laquelle notre association avait passé une convention-adoption, à reconstruire une part de ses équipements détruits. Elle aidera aussi d'autres sites comme d'autres écoles ou crèches.


Gustave Vielle :

Cette période fut évidemment intense pour l’Association. En Haïti, Les crèches Les Brebis de Saint-Michel de L’Attalaye et La Maison des Anges ont subi de graves dommages. A Tabarre, comme vous le savez, des dégâts importants et de très nombreuses répliques du séisme ont imposé une vie quotidienne bouleversée, traumatisante sans doute, mais, Patrice vient de le souligner, les responsables ont été admirables de sang-froid, de courage, ayant plus que jamais le souci prioritaire de la sécurité des enfants… les casques bleus aussi ont été très présents et efficaces.

En France, sans oublier la mobilisation formidable des membres et amis de Solidarité-et-Fraternité un peu partout en France, en réponse à notre Appel d’Urgence, la mobilisation évidente des responsables de l’Association, ce furent également des semaines angoissantes pour les familles en attente de leurs enfants.

Nous avons participé à toutes les réunions consécutives au séisme et ayant pour objet les enfants dans les crèches et en cours d’adoption : avec la cellule de crise, au Service de l’Adoption Internationale (le S.A.I.), à l’Assemblée Nationale, avec les autres OAA intervenant dans le processus d’adoption d’enfants haïtiens, avec l’AFA (l’Agence Française de l’Adoption) également.

Le Ministère français des Affaires Etrangères, en respect de la légalité et en liaison avec les autorités haïtiennes, a organisé un premier départ accéléré d’enfants le 26 janvier. Puis 4 enfants viendront en France, en février, mars, avril et juin. En effet, les enfants vivaient sous des tentes, dans des conditions précaires même si aucun n’a subi de dommages physiques, même si leur alimentation n’a pas fait défaut et si leur sécurité a toujours été une préoccupation assumée prioritairement.


Patrice Bossard :

Rapidement la générosité s'est mise en place de tous côtés, avec un investissement important des médias, lesquels ont souvent contacté les responsables de l'association en France, mais aussi à Port-Au-Prince, où Marie-Catherine a pu témoigner sur les chaînes TV de la réalité des souffrances haïtiennes.

L'association tout le long de l'année 2010 a reçu des dons en nombre, produits de la générosité des donateurs, dont certains sont nouveaux pour nous. Il y a eu les dons dès le séisme mais aussi une excellente générosité pour les Opérations traditionnelles Fêtes de Mères et Opération Bougies (nos deux appels annuels aux donateurs).

Les dons viennent de particuliers mais aussi de nombreuses collectivités territoriales et associations de divers secteurs: sportif, culturel, loisir, humanitaire, éducatif, corporatif,...et des tirelires d'enfants!


Gustave Vielle :

Effectivement, la réponse à notre appel d’urgence fut extraordinaire et beaucoup d’autres dons nous sont aussi parvenus. Nous avons essayé de remercier tous les auteurs de ces soutiens, par mails, par courrier, dans notre bulletin TIMOUN, mais nous en avons certainement oubliés. Qu’ils nous en excusent car notre volonté a vraiment été de ne négliger aucun donateur, quelle que soit l’importance de sa participation et nous avons dû gérer cette période avec notre structure habituelle… Nous avons aussi essayé d’informer en des envois groupés par mails. Là encore, si certains n’en n’ont pas bénéficié, nous en sommes désolés, notre volonté étant alors de permettre à chacun de vivre solidairement cette période difficile.


Patrice Bossard :

La générosité et la convivialité se sont aussi exprimées lors de la fête annuelle de l’Association, pendant le week-end de la Pentecôte 2010. Les groupes de paroles pour les candidats à l’adoption et les familles adoptives, le dimanche matin de 10h à midi ont encore permis un autre contact entre les familles et l'association. Le Bureau a été reconduit à l'identique. Le CA accueille Monique Fournier en tant que membre consultatif.

L'association a participé à des actions de solidarité initiées par deux associations, l’une bretonne (Les Bolomigs), l’autre vendéenne (SAVENA) pour des envois de 2 containers, remplis de matériel de 1ère nécessité pour les enfants des crèches puis de lait en poudre.

A Port-Au-Prince beaucoup d’édifices sont à terre, celui de l'IBESR (Institut du Bien-Être Social et de Recherche – Service national de l’enfance du Ministère haïtien des Affaires Sociales) est resté debout mais le travail se fera sous des tentes pendant plusieurs mois. Après les 1ers temps d'urgence absolue, les autorités haïtiennes et françaises permettront donc l'arrivée « accélérée » en France d'enfants (séisme… Cyclone… choléra), en vue de leur adoption par des familles françaises :
1 enfant le 15 janvier
11 enfants le 26 janvier
1 enfant le 11 février
1 enfant le 31 mars
2 enfants le 13 avril
1 enfant le 12 juin
2 enfants le 10 octobre
1 enfant le 27 octobre
11 enfants le 22 décembre
Soit 31 enfants au total pour 2010.


Gustave Vielle :

Le 26 janvier 2010, 11 enfants ont donc été évacués par la cellule de crise du Ministère français des Affaires Etrangères… Marie-Catherine BAYLE, directrice de notre Fondation, a refusé de laisser partir 11 enfants avec des personnes certainement compétentes mais inconnues des enfants. Elle est donc partie avec eux, via Pointe-à-Pitre, jusqu’à Orly… Après les départs accélérés à cause du séisme, le choléra, à son tour, a imposé des mesures d’urgence. Si, jusqu’en juin, les enfants venaient en France avec un jugement d’adoption homologué prononcé en Haïti, les 3 enfants arrivés en octobre n’ont pas été adoptés dans leur pays natal mais avaient des passeports obtenus par l’intermédiaire de l’Ambassade de France. Les 11 enfants arrivés le 22 décembre sont venus, eux-aussi, avec l’Autorisation d’adoption accordée par l’IBESR , sans jugement d’adoption, mais sans passeport, un laissez-passer leur ayant été délivré par l’Ambassade de France.

Dans le même temps et depuis le séisme du 12 janvier 2010, les autorités françaises ont suspendu les adoptions avec Haïti, ceci dans l'attente de nouveaux modes de fonctionnement (arrêt des adoptions en direct, et organisation des adoptions par le biais des OAA...). Les procédures, pour les enfants dont l’apparentement avait été effectué avant le 12 janvier, ont pu être poursuivies.

Patrice Bossard :

L'association Solidarité et Fraternité a répondu à toutes les invitations à des réunions organisées par le Service de l’Adoption Internationale (SAI) et ayant pour objet la situation en Haïti, l’évolution de l’Adoption vers d'autres pratiques, cela impliquant aussi que chaque OAA mette carte sur table sur son propre fonctionnement, envisage des mutualisations de moyens et d’actions, développe son activité adoption en construisant des partenariats avec des crèches haïtiennes.

L'association, suite au constat de son activité déficitaire dans le domaine de l’Adoption, a proposé un nouveau montant forfaitaire à la charge des adoptants, lors d’une rencontre avec le SAI. La proposition ayant été agréée, la somme forfaitaire de 9 738 € (neuf mille sept cent trente huit euros) sera donc dûe désormais par les parents adoptifs pour l’adoption d’un enfant par l’intermédiaire de Solidarité-et-Fraternité.


Gustave Vielle :

Cette modification du montant à la charge des adoptants est intervenue à la suite des réunions entre OAA puis au SAI, selon la volonté d’harmoniser les sommes destinées aux crèches habilitées en Haïti par les différents organismes agréés pour l’adoption, y compris l’AFA. Il fallait malheureusement aussi répondre à l’inflation importante et constante en Haïti, à l’allongement des séjours des enfants dans les crèches. Nous avons pourtant essayé de limiter l’augmentation pour les parents, conscients que s’approchant des dix mille euros, cela ne peut que rendre difficile et même problématique le projet d’adoption pour une famille aux revenus modestes.


Patrice Bossard :

Le séisme a aussi bousculé la scolarité en Haïti , scolarité qui fut interrompue de janvier jusqu’à avril. L'équipe des enseignants de Tabarre sera quasiment complète à la reprise des cours, sous des tentes tout d’abord. Les locaux de l'école quasi intacts seront intégrés en mai, dès que les autorités haïtiennes en auront donné l’autorisation. L’année scolaire sera prolongée jusqu’à fin août.

Comme chaque fin d’année scolaire, les élèves sortant de la 6ème année fondamentale (CM2) ont passé l’examen national : 100 % de réussite pour les élèves de l’Ecole Solidarité-Fraternité.

Parrainages : 2 enfants sortis de l’Ecole Solidarité-Fraternité ont pu poursuivre leur scolarité au collège en 2009/2010 grâce aux participations financières de marraines et parrains français. En octobre 2010, 4 nouveaux enfants ont trouvé des marraines et parrains.


Gustave Vielle :

Ces parrainages sont vraiment judicieux pour permettre à des enfants sortant du cycle fondamental de poursuivre leur scolarité au collège avec l’espoir de bénéficier ensuite d’une formation professionnelle. Par sécurité et pour que la charge ne soit pas trop importante pour les parrains, nous attribuons deux marraines ou parrains à chaque élève. Les familles s’engagent à fournir un travail régulièrement à la Fondation. Cela permet un lien avec les familles et leurs enfants mais la difficulté réside dans l’envoi de nouvelles aux marraines et parrains, chaque trimestre. Nous en rapportons systématiquement au retour de nos voyages en Haïti mais, il faut bien le reconnaître, les enseignants et notre responsable de la Fondation ne nous facilitent pas toujours la tâche.

Quatre nouveaux élèves au moins souhaiteraient être parrainés en septembre prochain, ce qui signifie que 8 nouveaux parrains devraient être trouvés. Si ce n’était pas le cas, le nombre d’élèves bénéficiaires serait moindre et correspondra évidemment aux nombre de soutiens… Toutes les propositions de personnes souhaitant parrainer sont donc les bienvenues !

Depuis plusieurs années déjà, une formatrice du GREF (Groupement des Retraités Educateurs sans Frontières) vient à Tabarre afin de permettre à l’équipe enseignante de progresser, de prendre du recul par rapport à sa propre pédagogie, d’approfondir ses exigences et comme en 2009, 2010 a donc vu Madame Chantal FOULON, en novembre et décembre à Tabarre. Elle y retournera probablement cette année car nous passé avec le GREF un accord sur 3 années, avec la même formatrice pour plus de suivi et de cohérence.


Patrice Bossard :

En octobre 2010, Gustave Vielle, le président, a effectué un autre voyage, en Haïti toujours sous les décombres. Il a aussi constaté l'ampleur des travaux de remise en état, tout en maintenant le lien avec la direction et Mme Jean-Baptiste (responsable des procédures d’adoption en Haïti), l'équipe de la crèche, l'équipe enseignante, les acteurs des procédures adoptions, les dossiers en cours à faire et refaire...

l'Association a maintenu ses contacts avec d'autres associations françaises du secteur de l'adoption.

En mars, les administrateurs et relais de l’Association ont pu participer, au centre Les Jardins de l’Anjou (La Pommeraye, 49) à un week-end de formation, animé par l'organisme FORSYFA sur le thème: « l'enfant adopté, le lien avec ses origines... »

En octobre l'association a reçu l'équipe des compagnons, à son siège de Renazé, pour un bilan de l'action et un dîner amical et solidaire.

L'association a été approchée par la Fondation Mérieux dont le siège est à Lyon, importante organisation médiatisée, laquelle entend s'appuyer sur le potentiel local de l'association en Haïti, comme tremplin de leurs propres actions humanitaires: construction de Kayitis (petites maisons en bois) par exemple.

La fin de l'année 2010 marque un exercice où notre association est sollicitée par de nombreux partenaires, locaux, nationaux...

En 2011, Mme Jegoux, salariée et travaillant au siège de l’Association prendra sa retraite fin mars et l'association devra repenser son organisation à Renazé.

Après le séisme, plus rien ne sera comme avant, dans bien des secteurs, l'association s'interroge aussi sur sa future organisation pour faire face aux divers besoins et changements dans ses actions pour les enfants d'Haïti.


Gustave Vielle :

2010 fut donc une année intense, terrible et riche de satisfactions à la fois. Terrible parce qu’Haïti a été déchirée, les Haïtiens encore accablés, les enfants victimes comme presque toujours. Mais aussi une année riche de satisfactions : pas d’enfants disparus à cause du séisme, des personnes admirables responsables des enfants en Haïti, une présence efficace des casques bleus et de l’Ambassade de France, la mobilisation extraordinaire en faveur d’Haïti, les soutiens forts et chaleureux, la mission de reconstruction qui a fait un travail de grande qualité dans des conditions vraiment difficiles…

Pour terminer ce rapport, nous nous devons de rappeler une nouvelle fois tout l’investissement dont, parfois, on mesure mal l’ampleur vu de France, l’investissement de Marie-Catherine BAYLE, de Madame Muriel JEAN-BAPTISTE, du personnel de la crèche, de l’équipe enseignante.

A ne pas oublier aussi, ici, Madame Jacqueline JEGOU si précieuse et que nous aurions bien gardée avec nous des années encore.

Il est aussi des personnes indispensables, bénévoles, fortement impliquées pour Solidarité-et-Fraternité. Ce sont les personnes Relais, chargées de l’accompagnement des familles et des enfants, de la promotion de l’Association également. Si certains d’entre vous souhaitent rejoindre cette équipe, nous les accueillerons chaleureusement pour les informer puis leur permettre d’entrer en fonction.

Je rappelle que chaque mardi se tient la permanence à laquelle participent Anny LERET, Joseph GASTINEAU et moi-même et nous y retrouvons bien sûr Jacqueline JEGOU et, de plus en plus, Patricia BEDOUET.

Enfin, que dire des membres du C.A, bénévoles eux-aussi bien sûr, qui ont en charge la responsabilité de l’Association, des activités humanitaires, du domaine adoption comprenant l’accueil des futurs adoptants, l’accompagnement des familles et des enfants, le suivi des procédures et j’en passe… Le C.A. se réunit chaque mois, le mardi soir, de 18h à 23h.

De la part de tous les membres du C.A., un grand et chaleureux merci à vous tous qui par vos participations, votre présence aujourd’hui, votre soutien humain, votre solidarité, êtes des facteurs indispensables de la vie, des actions, du présent et de l’avenir de l’Association au bénéfice des enfants en Haïti.


RAPPORT FINANCIER    
  Par le trésorier Patrick PITZ  
 
VOTE Contre 0  
  Abstentions 0  
  Pour unanimité  

ÉLECTION D’ADMINISTRATEURS
   - Candidats  
   BLANCHET Emmanuel  élu
   BOSSARD Patrice  élu
   FOURNIER Monique  élue
   GASTINEAU Joseph  élue
   PITZ Patrick  élue


Le Mot de Monsieur le Maire de Renazé.

Signé : Gustave Vielle, président.

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